Month: août 2018

Par monts… Pas de vote

L’éclosion superbe et jeune de ses seins
Pour enchaîner mes yeux fleurit sur sa poitrine.
Tels deux astres jumeaux dans la clarté marine
Palpitent dévolus aux suprêmes desseins.

Vous contenez l’esprit loin des rêves malsains,
Nobles rondeurs, effroi de la pudeur chagrine !
Et c’est d’un trait pieux que mon doigt vous burine,
Lumineuses parmi la pourpre des coussins.

Blanches sérénités de l’océan des formes,
Quelquefois je vous veux, sous les muscles énormes,
Géantes et crevant le moule de mes mains.

Plus frêles, mesurant l’étreinte de ma lèvre,
Vers la succession des muets lendemains,
Conduisez lentement mon extase sans fièvre.

Albert Mérat.

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Escale en Bretagne Pas de vote

Bretagne

José-Maria de Heredia

Pour que le sang joyeux dompte l’esprit morose,
Il faut, tout parfumé du sel des goëmons,
Que le souffle atlantique emplisse tes poumons ;
Arvor t’offre ses caps que la mer blanche arrose.

L’ajonc fleurit et la bruyère est déjà rose.
La terre des vieux clans, des nains et des démons,
Ami, te garde encor, sur le granit des monts,
L’homme immobile auprès de l’immuable chose.

Viens. Partout tu verras, par les landes d’Arèz,
Monter vers le ciel morne, infrangible cyprès,
Le menhir sous lequel gît la cendre du Brave ;

Et l’Océan, qui roule en un lit d’algues d’or
Is la voluptueuse et la grande Occismor,
Bercera ton cour triste à son murmure grave.

José-Maria de Heredia, Les Trophées

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Petit âne si doux…. Pas de vote

J’aime l’âne si doux

J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.
Il a peur des abeilles
et bouge ses oreilles.
Il va près des fossés
d’un petit pas cassé.
Il réfléchit toujours
ses yeux sont de velours.
Il reste à l’étable
fatigué, misérable.
Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.
L’âne n’a pas eu d’orge
car le maître est trop pauvre.
Il a sucé la corde
puis a dormi dans l’ombre.
Il est l’âne si doux
marchant le long des houx….

Francis Jammes

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Challenge glacé 5/5 (1)

Le vent polaire fouette férocement mon corps
Des formations de glace apparaissent au moindre souffle
Ma fourrure me couvre comme un maillot de corps
Il fait moins vingt cinq
Mais au cœur de moi
Rougeoie calmement une veilleuse
Où mes pensées pour toi
Dansent à jamais
Prêtes à s’enflammer passionnellement

Fester Bryan, 2006

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Beauté : effeuillage candide 5/5 (1)

Madame, croyez-moi ; bien qu’une autre patrie
Vous ait ravie à ceux qui vous ont tant chérie,
Allez, consolez-vous, ne pleurez point ainsi ;
Votre corps est là-bas, mais votre âme est ici :
C’est la moindre moitié que l’exil nous a prise ;
La tige s’est rompue au souffle de la brise ;
Mais l’ouragan jaloux, qui ternit sa splendeur,
Jeta la fleur au vent et nous laissa l’odeur.
A moins, à moins pourtant que dans cette retraite
Vous n’ayez apporté quelque peine secrète.
Et que là, comme ici, quelque ennui voyageur
Se cramponne à votre âme, inflexible et rongeur :
Car bien souvent, un mot, un geste involontaire.
Des maux que vous souffrez a trahi le mystère,
Et j’ai vu sous ces pleurs et cet abattement
La blessure d’un cœur qui saigne longuement.
Vous avez épuisé tout ce que la nature
A permis de bonheur à l’humble créature,
Et votre pauvre cœur, lentement consumé,
S’est fait vieux en un jour, pour avoir trop aimé :
Vous seule, n’est-ce pas, vous êtes demeurée
Fidèle à cet amour que deux avaient juré.
Et seule, jusqu’au bout, avez pieusement
Accompli votre part de ce double serment.
Consolez-vous encor ; car vous avez. Madame,
Achevé saintement votre rôle de femme ;
Vous avez ici-bas rempli la mission
Faite à l’être créé par la création.
Aimer, et puis souffrir, voilà toute la vie :
Dieu vous donna longtemps des jours dignes d’envie
Aujourd’hui, c’est la loi. vous payez chèrement
Par des larmes sans fin ce bonheur d’un moment.
Certes, tant de chagrins, et tant de nuits passées
A couver tristement de lugubres pensées.
Tant et de si longs pleurs n’ont pas si bien éteint
Les éclairs de vos yeux et pâli votre teint.
Que mainte ambition ne se fût contentée,
Madame, de la part qui vous en est restée.
Et que plus d’un encor n’y laissât sa raison.
Ainsi qu’aux églantiers l’agneau fait sa toison.
Mais votre âme est plus haute, et ne s’arrange guère
Des consolations d’un bonheur si vulgaire ;
Madame, ce n’est point un vase où, tour à tour,
Chacun puisse étancher la soif de son amour ;
Mais Dieu la fit semblable à la coupe choisie,
Dans les plus purs cristaux des rochers de l’Asie,
Où l’on verse au sultan le Chypre et le Xérès,
Qui ne sert qu’une fois, et qui se brise après.
Gardez-la donc toujours cette triste pensée
D’un amour méconnu et d’une âme froissée :
Que le prêtre debout, sur l’autel aboli,
Reste fidèle au Dieu dont il était rempli ;
Que le temple désert, aux vitraux de l’enceinte
Garde un dernier rayon de l’auréole sainte.
Et que l’encensoir d’or ne cesse d’exhaler
Le parfum d’un encens qui cessa de brûler !
Il n’est si triste nuit qu’au crêpe de son voile
Dieu ne fasse parfois luire une blanche étoile,
Et le ciel mit au fond des amours malheureux
Certains bonheurs cachés qu’il a gardés pour eux.
Supportez donc vos maux, car plus d’un les envie ;
Car, moi qui parle, au prix du repos de ma vie.
Au prix de tout mon sang. Madame, je voudrais
Les éprouver un jour, quitte à mourir après.

Félix Arvers.

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