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Motard un jour…. Pas de vote

Le cheval de fer

Contre le vent et part le vent, il chevauchait sa puissante monture.

Casqué et botté, le fier cavalier des temps modernes, filait plus vite que le vent, la liberté à deux roues était son bonheur.

Le soir il lui arrivait de caresser son cheval d’acier, de lui parler, il l’a contemplait, amoureux de ses formes agressives, de sa puissance, ce pur sang se nommait DUCATI.

Le matin, seul avec ” la bête “, il aimait entendre son son rauque et puissant, son moteur vibrait de plaisir, montrant les dents à chaque coup de gaz.

Le dimanche matin, sous un radieux soleil, il sortit sa moto.

La caressant d’un chiffon, contemplant ses reflets sous le soleil, elle était sa fierté, sa passion jamais inassouvie, au grand dame de son épouse. Jalousie, allez-savoir ?

Mais elle comprenait, et fermait les yeux, à chaque fois, inquiète d’un éventuel accident.

Il parti sur les beaux chemins de la côte d’opale, humant l’odeur des grands espaces, faisant corps avec
sa machine, enchaînant virages après virages, tel un rafale plongeant sur sa cible.

Son visage respirait le bonheur, bien à l’abri sous son casque intégral Bell. Le moteur rugissait, grondait, bondissait à chaque remise des gaz. Il prenait un réel plaisir à son guidon.  Une ligne droite et l’aiguille du compte tour allait chatouiller la zone rouge, dans un bruit somptueux et rageur.

Il s’arrêta devant un beau paysage, le temps d’une pause réparatrice. Il était devenu pour un instant, un chevalier de la route égaré dans les couloirs du temps.

Il repris la route enchanteresse, filant tel un météorite, dans l’espace libéré.

De retour au garage, il retira son casque aux couleurs de son idole ” mike Hailwood ” le regard heureux , les sens apaisés, d’avoir su courir la campagne, à la vitesse de l’éclair, sur sa vieille 900 ss mike
hailwood réplica.

Vous avez peut-être deviné, le nom de l’heureux pilote ? mais ne le dite pas à la maréchaussée……

Marc de st point.

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Beauté : effeuillage candide 5/5 (1)

Madame, croyez-moi ; bien qu’une autre patrie
Vous ait ravie à ceux qui vous ont tant chérie,
Allez, consolez-vous, ne pleurez point ainsi ;
Votre corps est là-bas, mais votre âme est ici :
C’est la moindre moitié que l’exil nous a prise ;
La tige s’est rompue au souffle de la brise ;
Mais l’ouragan jaloux, qui ternit sa splendeur,
Jeta la fleur au vent et nous laissa l’odeur.
A moins, à moins pourtant que dans cette retraite
Vous n’ayez apporté quelque peine secrète.
Et que là, comme ici, quelque ennui voyageur
Se cramponne à votre âme, inflexible et rongeur :
Car bien souvent, un mot, un geste involontaire.
Des maux que vous souffrez a trahi le mystère,
Et j’ai vu sous ces pleurs et cet abattement
La blessure d’un cœur qui saigne longuement.
Vous avez épuisé tout ce que la nature
A permis de bonheur à l’humble créature,
Et votre pauvre cœur, lentement consumé,
S’est fait vieux en un jour, pour avoir trop aimé :
Vous seule, n’est-ce pas, vous êtes demeurée
Fidèle à cet amour que deux avaient juré.
Et seule, jusqu’au bout, avez pieusement
Accompli votre part de ce double serment.
Consolez-vous encor ; car vous avez. Madame,
Achevé saintement votre rôle de femme ;
Vous avez ici-bas rempli la mission
Faite à l’être créé par la création.
Aimer, et puis souffrir, voilà toute la vie :
Dieu vous donna longtemps des jours dignes d’envie
Aujourd’hui, c’est la loi. vous payez chèrement
Par des larmes sans fin ce bonheur d’un moment.
Certes, tant de chagrins, et tant de nuits passées
A couver tristement de lugubres pensées.
Tant et de si longs pleurs n’ont pas si bien éteint
Les éclairs de vos yeux et pâli votre teint.
Que mainte ambition ne se fût contentée,
Madame, de la part qui vous en est restée.
Et que plus d’un encor n’y laissât sa raison.
Ainsi qu’aux églantiers l’agneau fait sa toison.
Mais votre âme est plus haute, et ne s’arrange guère
Des consolations d’un bonheur si vulgaire ;
Madame, ce n’est point un vase où, tour à tour,
Chacun puisse étancher la soif de son amour ;
Mais Dieu la fit semblable à la coupe choisie,
Dans les plus purs cristaux des rochers de l’Asie,
Où l’on verse au sultan le Chypre et le Xérès,
Qui ne sert qu’une fois, et qui se brise après.
Gardez-la donc toujours cette triste pensée
D’un amour méconnu et d’une âme froissée :
Que le prêtre debout, sur l’autel aboli,
Reste fidèle au Dieu dont il était rempli ;
Que le temple désert, aux vitraux de l’enceinte
Garde un dernier rayon de l’auréole sainte.
Et que l’encensoir d’or ne cesse d’exhaler
Le parfum d’un encens qui cessa de brûler !
Il n’est si triste nuit qu’au crêpe de son voile
Dieu ne fasse parfois luire une blanche étoile,
Et le ciel mit au fond des amours malheureux
Certains bonheurs cachés qu’il a gardés pour eux.
Supportez donc vos maux, car plus d’un les envie ;
Car, moi qui parle, au prix du repos de ma vie.
Au prix de tout mon sang. Madame, je voudrais
Les éprouver un jour, quitte à mourir après.

Félix Arvers.

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