peinture

Motard un jour…. Pas de vote

Le cheval de fer

Contre le vent et part le vent, il chevauchait sa puissante monture.

Casqué et botté, le fier cavalier des temps modernes, filait plus vite que le vent, la liberté à deux roues était son bonheur.

Le soir il lui arrivait de caresser son cheval d’acier, de lui parler, il l’a contemplait, amoureux de ses formes agressives, de sa puissance, ce pur sang se nommait DUCATI.

Le matin, seul avec ” la bête “, il aimait entendre son son rauque et puissant, son moteur vibrait de plaisir, montrant les dents à chaque coup de gaz.

Le dimanche matin, sous un radieux soleil, il sortit sa moto.

La caressant d’un chiffon, contemplant ses reflets sous le soleil, elle était sa fierté, sa passion jamais inassouvie, au grand dame de son épouse. Jalousie, allez-savoir ?

Mais elle comprenait, et fermait les yeux, à chaque fois, inquiète d’un éventuel accident.

Il parti sur les beaux chemins de la côte d’opale, humant l’odeur des grands espaces, faisant corps avec
sa machine, enchaînant virages après virages, tel un rafale plongeant sur sa cible.

Son visage respirait le bonheur, bien à l’abri sous son casque intégral Bell. Le moteur rugissait, grondait, bondissait à chaque remise des gaz. Il prenait un réel plaisir à son guidon.  Une ligne droite et l’aiguille du compte tour allait chatouiller la zone rouge, dans un bruit somptueux et rageur.

Il s’arrêta devant un beau paysage, le temps d’une pause réparatrice. Il était devenu pour un instant, un chevalier de la route égaré dans les couloirs du temps.

Il repris la route enchanteresse, filant tel un météorite, dans l’espace libéré.

De retour au garage, il retira son casque aux couleurs de son idole ” mike Hailwood ” le regard heureux , les sens apaisés, d’avoir su courir la campagne, à la vitesse de l’éclair, sur sa vieille 900 ss mike
hailwood réplica.

Vous avez peut-être deviné, le nom de l’heureux pilote ? mais ne le dite pas à la maréchaussée……

Marc de st point.

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Escale en Bretagne Pas de vote

Bretagne

José-Maria de Heredia

Pour que le sang joyeux dompte l’esprit morose,
Il faut, tout parfumé du sel des goëmons,
Que le souffle atlantique emplisse tes poumons ;
Arvor t’offre ses caps que la mer blanche arrose.

L’ajonc fleurit et la bruyère est déjà rose.
La terre des vieux clans, des nains et des démons,
Ami, te garde encor, sur le granit des monts,
L’homme immobile auprès de l’immuable chose.

Viens. Partout tu verras, par les landes d’Arèz,
Monter vers le ciel morne, infrangible cyprès,
Le menhir sous lequel gît la cendre du Brave ;

Et l’Océan, qui roule en un lit d’algues d’or
Is la voluptueuse et la grande Occismor,
Bercera ton cour triste à son murmure grave.

José-Maria de Heredia, Les Trophées

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Challenge glacé 5/5 (1)

Le vent polaire fouette férocement mon corps
Des formations de glace apparaissent au moindre souffle
Ma fourrure me couvre comme un maillot de corps
Il fait moins vingt cinq
Mais au cœur de moi
Rougeoie calmement une veilleuse
Où mes pensées pour toi
Dansent à jamais
Prêtes à s’enflammer passionnellement

Fester Bryan, 2006

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Paysages : canal latéral à la Garonne Pas de vote

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde ;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
– Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.
L’invitation au voyage

Poèmes de Charles Baudelaire

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Faune : copain ugo mon chien Pas de vote

J’ai vu au fond de tes yeux et de ton regard
L’amour qu’on ne lit nulle part
Que tu voudrais dire mais tu ne peux pas
Souvent j’y ai vu la tendresse
Mais aussi la tristesse
Pour un reproche que tu ne méritais pas
Ou simplement que tu ne comprenais pas
Mais j’y ai vu surtout l’amour
Que tu me donnes jour après jour
Un amour qui ne demande rien
Rien qu’une caresse de la main
Je sais bien que tu n’es qu’un chien
Mais ton amour vaut bien celui des humains
Tu donnes sans demander même ta vie s’il le fallait
Alors moi, j’ose dire que je t’aime
Que je t’aime autant qu’un humain
Même si on dit que tu n’es qu’un chien
Un jour, hélas ! tu partiras
La mort, un jour, t’emportera …
Alors rien que d’y penser
Mon cœur commence à regretter
De ne savoir te dire les mots
Que tu ne comprendrais pas
Mais que j’espère, dans mes yeux
Ce jour là, tu liras …
Et que moi, pauvre humain
Je saurai te faire comprendre l’Amour
D’un homme pour son « chien ».

Eléna (12/03/2012)

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4/5 (1) Flore : yellow flower


Fleurs arrosées
Par les rosées
Du mois de mai,
Que je vous aime !
Vous que parsème
L’air embaumé !

Par vos guirlandes,
Les champs, les landes
Sont diaprés :
La marguerite
Modeste habite
Au bord des prés.

Le bluet jette
Sa frêle aigrette
Dans la moisson ;
Et sur les roches
Pendent les cloches
Du liseron.

Le chèvrefeuille
Mêle sa feuille
Au blanc jasmin,
Et l’églantine
Plie et s’incline
Sur le chemin.

Coupe d’opale,
Sur l’eau s’étale
Le nénufar ;
La nonpareille
Offre à l’abeille
Son doux nectar.

Sur la verveine
Le noir phalène
Vient reposer ;
La sensitive
Se meurt, craintive,
Sous un baiser.

De la pervenche
La fleur se penche
Sur le cyprès ;
L’onde qui glisse
Voit le narcisse
Fleurir tout près.

Fleurs virginales,
A vos rivales,
Roses et lis,
Je vous préfère,
Quand je vais faire
Dans les taillis
Une couronne
Dont j’environne
Mes blonds cheveux,
Ou que je donne
A la Madone
Avec mes vœux.

Louise Colet.

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Paysage : Bretagne Pas de vote

Au bord de la mer

La lune de ses mains distraites
A laissé choir, du haut de l’air,
Son grand éventail à paillettes
Sur le bleu tapis de la mer.

Pour le ravoir elle se penche
Et tend son beau bras argenté ;
Mais l’éventail fuit sa main blanche,
Par le flot qui passe emporté.

Au gouffre amer pour te le rendre,
Lune, j’irais bien me jeter,
Si tu voulais du ciel descendre,
Au ciel si je pouvais monter !

Théophile GAUTIER (1811-1872)

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Modèle Sabrina Pas de vote

La dame avait une robe
En ottoman violine
Et sa tunique brodée d’or
Était composée de deux panneaux
S’attachant sur l’épaule

Les yeux dansants comme des anges
Elle riait elle riait
Elle avait un visage aux couleurs de France
Les yeux bleus les dents blanches et les lèvres très rouges
Elle avait un visage aux couleurs de France

Elle était décolletée en rond
Et coiffée à la Récamier
Avec de beaux bras nus

N’entendra-t-on jamais sonner minuit

La dame en robe d’ottoman violine
Et en tunique brodée d’or
Décolletée en rond
Promenait ses boucles
Son bandeau d’or
Et traînait ses petits souliers à boucles

Elle était si belle
Que tu n’aurais pas osé l’aimer

J’aimais les femmes atroces dans les quartiers énormes
Où naissaient chaque jour quelques êtres nouveaux
Le fer était leur sang la flamme leur cerveau

J’aimais j’aimais le peuple habile des machines
Le luxe et la beauté ne sont que son écume
Cette femme était si belle
Qu’elle me faisait peur

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913

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