peinture

Pour ne poser qu’un doigt dessus

Le chat est bien trop grosse bête.

Sa queue rejoint sa tête,

Il tourne dans ce cercle

Et se répond à la caresse.

Mais, la nuit l’homme voit ses yeux

dont la pâleur est le seul don.

Ils sont trop gros pour qu’il les cache

Et trop lourds pour le vent perdu du rêve.

Quand le chat danse

C’est pour isoler sa prison

Et quand il pense

C’est jusqu’aux murs de ses yeux.

Poème sur les chats : Paul Eluard

In your face

O mon cœur j’ai connu la triste et belle joie
D’être trahi d’amour et de l’aimer encore
O mon cœur mon orgueil je sais je suis le roi
Le roi que n’aime point la belle aux cheveux d’or

Rien n’a dit ma douleur à la belle qui dort
Pour moi je me sens fort mais j’ai pitié de toi
O mon cœur étonné triste jusqu’à la mort
J’ai promené ma rage en les soirs blancs et froids

Je suis un roi qui n’est pas sûr d’avoir du pain
Sans pleurer j’ai vu fuir mes rêves en déroute
Mes rêves aux yeux doux au visage poupin

Pour consoler ma gloire un vent a dit Ecoute
Elèves-toi toujours. Ils te montrent la route
Les squelettes de doigts terminant les sapins

Stavelot
Poèmes de Guillaume Apollinaire

 

Bord de mer

La lune de ses mains distraites
A laissé choir, du haut de l’air,
Son grand éventail à paillettes
Sur le bleu tapis de la mer.

Pour le ravoir elle se penche
Et tend son beau bras argenté ;
Mais l’éventail fuit sa main blanche,
Par le flot qui passe emporté.

Au gouffre amer pour te le rendre,
Lune, j’irais bien me jeter,
Si tu voulais du ciel descendre,
Au ciel si je pouvais monter !

Théophile Gautier, Espana

Wolf

Après mille ans et plus de guerre déclarée,
Les loups firent la paix avecque les brebis.
C’était apparemment le bien des deux partis ;
Car si les loups mangeaient mainte bête égarée,
Les bergers de leur peau se faisaient maints habits.
Jamais de liberté, ni pour les pâturages,
Ni d’autre part pour les carnages :
Ils ne pouvaient jouir qu’en tremblant de leurs biens.
La paix se conclut donc : on donne des otages :
Les loups, leurs louveteaux ; et les brebis, leurs chiens.
L’échange en étant fait aux formes ordinaires,
Et réglé par des commissaires,
Au bout de quelque temps que messieurs les louvats
Se virent loups parfaits et friands de tuerie,
Ils vous prennent le temps que dans la bergerie
Messieurs les bergers n’étaient pas,
Étranglent la moitié des agneaux les plus gras,
Les emportent aux dents, dans les bois se retirent.
Ils avaient averti leurs gens secrètement.
Les chiens, qui, sur leur foi, reposaient sûrement,
Furent étranglés en dormant :
Cela fut sitôt fait qu’à peine ils le sentirent.
Tout fut mis en morceaux ; un seul n’en échappa.
Nous pouvons conclure de là
Qu’il faut faire aux méchants guerre continuelle.
La paix est fort bonne de soi ;
J’en conviens ; mais de quoi sert-elle
Avec des ennemis sans foi ?

Les Loups et les Brebis
Poèmes de Jean de La Fontaine

 

Chapeau Bas

Reconnais-toi
Cette adorable personne c’est toi.
Sous le grand chapeau canotier
Voici l’ovale de ta figure
Oeil, nez, bouche
Ton cou exquis
Voici enfin l’imparfaite image de ton buste
Adoré vu comme à travers un nuage
Un peu plus bas
C’est ton coeur qui bat.

Etoilyo

Waves

J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d’une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l’unique soin était d’approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

La vie antérieure
Poèmes de Charles Baudelaire

Mon Petit Matou

Goutte de lumière

 

Si vous saviez ce qu’il y a

Dans l’œil sans fond d’un petit chat,

Qu’il soit jaune, vert ou lilas

Vrai, vous n’en reviendrez pas !

On y voit des oiseaux de lune,

Des palais de laine et de lait,

Le sphinx émergeant de ses lunes,

Et des ballets ultraviolets.

Sur des bassins d’une eau sans rides,

S’épanouit la fleur de lotus

Tandis qu’une main translucide

Peint des soleils sur papyrus.

Tout l’univers est reflété

Dans cette goutte de lumière

Qui ouvre sur l’éternité

Ainsi qu’un hublot sur la mer.

 

Marc Alyn

 

Motard un jour….

Le cheval de fer

Contre le vent et part le vent, il chevauchait sa puissante monture.

Casqué et botté, le fier cavalier des temps modernes, filait plus vite que le vent, la liberté à deux roues était son bonheur.

Le soir il lui arrivait de caresser son cheval d’acier, de lui parler, il l’a contemplait, amoureux de ses formes agressives, de sa puissance, ce pur sang se nommait DUCATI.

Le matin, seul avec ” la bête “, il aimait entendre son son rauque et puissant, son moteur vibrait de plaisir, montrant les dents à chaque coup de gaz.

Le dimanche matin, sous un radieux soleil, il sortit sa moto.

La caressant d’un chiffon, contemplant ses reflets sous le soleil, elle était sa fierté, sa passion jamais inassouvie, au grand dame de son épouse. Jalousie, allez-savoir ?

Mais elle comprenait, et fermait les yeux, à chaque fois, inquiète d’un éventuel accident.

Il parti sur les beaux chemins de la côte d’opale, humant l’odeur des grands espaces, faisant corps avec
sa machine, enchaînant virages après virages, tel un rafale plongeant sur sa cible.

Son visage respirait le bonheur, bien à l’abri sous son casque intégral Bell. Le moteur rugissait, grondait, bondissait à chaque remise des gaz. Il prenait un réel plaisir à son guidon.  Une ligne droite et l’aiguille du compte tour allait chatouiller la zone rouge, dans un bruit somptueux et rageur.

Il s’arrêta devant un beau paysage, le temps d’une pause réparatrice. Il était devenu pour un instant, un chevalier de la route égaré dans les couloirs du temps.

Il repris la route enchanteresse, filant tel un météorite, dans l’espace libéré.

De retour au garage, il retira son casque aux couleurs de son idole ” mike Hailwood ” le regard heureux , les sens apaisés, d’avoir su courir la campagne, à la vitesse de l’éclair, sur sa vieille 900 ss mike
hailwood réplica.

Vous avez peut-être deviné, le nom de l’heureux pilote ? mais ne le dite pas à la maréchaussée……

Marc de st point.

Escale en Bretagne

Bretagne

José-Maria de Heredia

Pour que le sang joyeux dompte l’esprit morose,
Il faut, tout parfumé du sel des goëmons,
Que le souffle atlantique emplisse tes poumons ;
Arvor t’offre ses caps que la mer blanche arrose.

L’ajonc fleurit et la bruyère est déjà rose.
La terre des vieux clans, des nains et des démons,
Ami, te garde encor, sur le granit des monts,
L’homme immobile auprès de l’immuable chose.

Viens. Partout tu verras, par les landes d’Arèz,
Monter vers le ciel morne, infrangible cyprès,
Le menhir sous lequel gît la cendre du Brave ;

Et l’Océan, qui roule en un lit d’algues d’or
Is la voluptueuse et la grande Occismor,
Bercera ton cour triste à son murmure grave.

José-Maria de Heredia, Les Trophées

Challenge glacé

Le vent polaire fouette férocement mon corps
Des formations de glace apparaissent au moindre souffle
Ma fourrure me couvre comme un maillot de corps
Il fait moins vingt cinq
Mais au cœur de moi
Rougeoie calmement une veilleuse
Où mes pensées pour toi
Dansent à jamais
Prêtes à s’enflammer passionnellement

Fester Bryan, 2006

Défiler vers le haut