sensuel

Sensuelle poitrine

L’éclosion superbe et jeune de ses seins
Pour enchaîner mes yeux fleurit sur sa poitrine.
Tels deux astres jumeaux dans la clarté marine
Palpitent dévolus aux suprêmes desseins.

Vous contenez l’esprit loin des rêves malsains,
Nobles rondeurs, effroi de la pudeur chagrine !
Et c’est d’un trait pieux que mon doigt vous burine,
Lumineuses parmi la pourpre des coussins.

Blanches sérénités de l’océan des formes,
Quelquefois je vous veux, sous les muscles énormes,
Géantes et crevant le moule de mes mains.

Plus frêles, mesurant l’étreinte de ma lèvre,
Vers la succession des muets lendemains,
Conduisez lentement mon extase sans fièvre.

Albert Mérat.

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Chapeau Bas

Reconnais-toi
Cette adorable personne c’est toi.
Sous le grand chapeau canotier
Voici l’ovale de ta figure
Oeil, nez, bouche
Ton cou exquis
Voici enfin l’imparfaite image de ton buste
Adoré vu comme à travers un nuage
Un peu plus bas
C’est ton coeur qui bat.

Etoilyo

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Strawberry so sexy

Tandis qu’à leurs oeuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
Il repasse des collerettes
Et cisèle des boutons d’or.

Dans le verger et dans la vigne,
Il s’en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l’amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui descend au jardin désert,
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges,
Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
Il sème aux prés les perce-neiges
Et les violettes aux bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l’oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d’argent du muguet.

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
Il met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d’avril tournant la tête,
Il dit : Printemps, tu peux venir !
Premier sourire du printemps

Poèmes de Théophile Gautier

 

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Little Cat

Poème d’Edmond Rostand intitulé

Le petit chat

C’est un petit chat noir effronté comme un page,

Je le laisse jouer sur ma table souvent.

Quelquefois il s’assied sans faire de tapage,

On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge;

Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,

A ces minets tirant leur langue de drap rouge,

Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s’amuse, Il est extrêmement comique,

Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.

Souvent je m’accroupis pour suivre sa mimique

Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d’abord de son nez délicat il le flaire,

la frôle, puis, à coups de langue très petits,

Il le happe; et dès lors il est à son affaire

Et l’on entend, pendant qu’il boit, un clapotis.

Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,

Et ne relève enfin son joli museau plat

Que lorsqu’il a passé sa langue rêche et rose

Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches,

Avec l’air étonné d’avoir déjà fini.

Et comme il s’aperçoit qu’il s’est fait quelques taches,

Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates;

Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,

Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,

Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

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